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L'enfance de
cette princesse fut tout angélique ; elle n'eut de cet âge que la
petitesse, l'innocence et la grâce.
Obligée de sacrifier ses goûts
pour la virginité aux intérêts du bien public, elle brilla, dans le
mariage, par toutes les vertus qui font la sainte épouse, la pieuse
mère, la parfaite maîtresse de maison, en même temps que la
princesse accomplie. Sa maison était réglée comme un monastère, elle
n'y souffrait ni le vice, ni les mauvaises habitudes, y faisait
faire la prière et veillait à ce que tous observassent fidèlement
les devoirs de la religion.
A la suite d'une
prédication de saint Vincent Ferrier, on la vit revêtir le cilice
sous ses habits d'or et de soie, et s'adonner à toutes les
mortifications les plus austères. Veuve, elle fit vœu de continence
et s'adonna plus que jamais à tous ses devoirs de femme et de
princesse chrétienne. Dès qu'elle vit son fils préparé au
gouvernement, elle quitta la cour et foula aux pieds les couronnes
et les grandeurs de la terre.
Sur le conseil de
saint Vincent Ferrier, qui lui apparut, elle entra dans le Tiers
Ordre de Saint-Dominique et vécut, dans son palais d'Albe, en
communauté avec nombre de personnes pieuses qui voulurent se mettre
sous sa conduite. Elle obtint, pour elle et pour ses sœurs, la
direction de l'hôpital de la ville, où elle se réservait toujours,
auprès des malades, les soins les plus répugnants à la nature.
Marguerite fut en butte aux persécutions et à la calomnie; c'est
ainsi que Dieu voulut achever d'enrichir sa couronne.
Abbé L. Jaud,
Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame,
1950. |