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Mosè (Moïse)
Tovini naît le 27 décembre 1877 à Cividate Camuno dans la province
et le diocèse de Brescia, en Lombardie (Italie). Son père, Eugénio,
est comptable et sa mère, Domenica Malaguzzi, professeur ; ce qui
permettra à Moïse de faire sa première scolarité à la maison, avec
sa mère. Il est l’aîné de huit enfants. Il a dans sa parenté un
oncle, Joseph Tovini,
avocat, grand chrétien et père de famille nombreuse, qui sera
béatifié lui aussi. Moïse va ensuite à l’école où il est bon élève.
Or, à cette époque, en 1891, on célèbre le tricentenaire de la mort
de saint Louis de Gonzague, patron de la jeunesse. Cela le frappe
beaucoup, lui et un autre élève Dominique Menna, futur évêque de
Mantoue. Tous deux sentent naître en eux la vocation au sacerdoce.
Ils deviennent grands amis et le resteront toute leur vie. Mais, à
la maison, le père de Moïse s’oppose à l’entrée de son fils au petit
séminaire. On l’envoie donc continuer sa scolarité dans une école de
Bergame ; mais là, par sa piété, il tranche tellement sur les autres
que ceux-ci le prennent en grippe et lui font subir des brutalités.
Alors, l’oncle Joseph Tovini convainc son frère Eugénio de le
laisser suivre sa vocation et Moïse entre au petit séminaire de
Brescia. Là, faible de santé, il obtient la permission de loger chez
son oncle Joseph. Pendant les vacances, on lui permet aussi de
garder la soutane et Moïse fait le catéchisme aux enfants qui, dès
cette époque l’appellent ‘don Mosè’. Le catéchisme sera la passion
de toute sa vie.
Puis, c’est le
grand séminaire. À vingt ans, il accomplit une année de service
militaire et revient au séminaire terminer sa préparation à la
prêtrise. Avec une dispense d’âge, car il n’a que vingt-deux ans, il
est ordonné le 9 juin 1900 dans la cathédrale de Brescia. Il se
plaît dans la petite paroisse où il est nommé ensuite, mais on
l’envoie continuer ses études à Rome, dans une université d’état
pour les mathématiques et à ‘la Grégorienne’ pour la philosophie et
la théologie. Il obtient une maîtrise dans ces trois disciplines. Il
est alors nommé professeur au séminaire de Brescia. Désormais, et
jusqu’à la fin de sa vie, c'est-à-dire pendant vingt-cinq ans, sa
principale tâche sera la formation des candidats à la prêtrise. On
l’envoie de nouveau étudier, à Milan cette fois, pour obtenir une
maîtrise en théologie dogmatique. Il enseignera aussi la sociologie
et l’apologétique. Cela ne l’empêche pas de faire du ministère en
paroisse. Le caractère de son enseignement est la ponctualité, le
sérieux avec lequel il prépare chacun de ses cours, la clarté et
l’ordre dans l'exposition, la bonté envers les étudiants, la
soumission aux directives du Saint-Siège, tout comme à celles de
l’évêque. Pendant la guerre de 1914-1918, il n’est pas appelé sous
les drapeaux, car il seconde dans une paroisse un curé malade, mais
il risque tout de même sa vie quand il se dépense au service des
victimes de la terrible grippe espagnole. Après la guerre, on le
charge de compléter les études des séminaristes soldats qui
reviennent au séminaire. Il fait partie de la Commission diocésaine
du catéchisme, et travaille à former des professeurs de catéchisme ;
il en a préparé ainsi des centaines pour le diocèse de Brescia !
Nommé chanoine de la cathédrale, ‘Mgr’ Tovini est vice-directeur du
tribunal ecclésiastique et responsable de la censure pour les
livres.
En 1926, quatre
ans avant sa mort, il est nommé supérieur du séminaire. Il cherche à
récuser cette charge qui — croit-il — dépasse ses capacités, mais
l’évêque insiste. Ayant accepté, Mgr Tovini indique d’emblée aux
séminaristes quels doivent être les trois piliers du prêtre ; ce
sont les trois ‘blancheurs’ : l’hostie, Marie et le Pape. Avec les
séminaristes, il est doux et compréhensif, sans rien relâcher de sa
vigilance constante sur les âmes. Il sait gagner les cœurs, mais on
l’accuse d’être naïf et trop bon ; Mgr Tovini accepte en silence les
critiques de ses proches collaborateurs et, finalement, s’en ouvre à
l’évêque, disposé à céder sa place à un autre ; mais à nouveau,
l’évêque le soutient en lui déclarant énergiquement : « Je porte ma
croix, toi aussi porte la tienne ». Des critiques lui viennent aussi
du monde politique. Atteint d’une pneumonie, il meurt à cinquante
deux ans en 1930.
Parmi ses élèves,
il a eu Jean Baptiste Montini, le futur Paul VI, lequel, en 1956,
étant alors évêque de Milan et cardinal, a écrit une préface pour sa
première biographie, dans laquelle il dit : « "C’était un prêtre
pieux, savant et zélé; et on peut ajouter, une profusion d'autres
adjectifs: courtois, humble, calme, raffiné, généreux, patient,
loyal.... Il était prêtre dans tout son être, comme les prêtres
devraient l’être. En effet, il avait des qualités uniques: il se
distinguait par une forte intelligence spéculative; sa bonté était
voilée par sa simplicité ingénue et par une timidité qu’il n’a
jamais réussi à surmonter. Tout en lui était si modeste et réfléchi
que pour l'apprécier à sa juste valeur, il était nécessaire d’être
près de lui un certain temps et de bien le connaître. Et après
l’avoir bien connu et apprécié, l'éloge ne portait pas tant sur la
singularité de ses vertus que sur l’équilibre, l’harmonie et l’ordre
de ses dons, naturels et acquis, et cela donnait le prêtre le plus
rare et en même temps l'être le plus commun; l'homme assez parfait
pour qu’on l’admire, et en même temps accessible à tous pour qu’on
puisse l’imiter. »
Béatification : 17 septembre 2006 par Benoît XVI.
La
cérémonie eut lieu à Brescia et fut présidée par Mgr Giulio
Sanguineti, évêque de Brescia.
SOURCE
:
http://www.abbaye-saint-benoit.ch/
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