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Onésime,
phrygien de naissance, était esclave d'un citoyen de
Colosses, nommé Philémon, qui avait été converti à la foi par S.
Paul ; après avoir donné plusieurs sujets de plaintes à son
maître, il finit par le voler et prendre la fuite. Dieu permit, pour
le salut de son âme, qu'il dirigeât sa route vers la ville de Rome,
où S. Paul
était
alors enchaîné pour la foi. Cet apôtre, l'ayant rencontré, lui fit
sentir toute l'énormité de sa faute, le convertit et le baptisa. Il
le renvoya ensuite à son maître, auquel il écrivit en même temps
pour lui demander la grâce de son esclave. Philémon, non content de
lui pardonner, le mit en liberté, et le renvoya à Rome pour être
auprès de S. Paul, qu'il servit toujours depuis avec l'attachement
le plus fidèle et le plus tendre. L'apôtre le fit porteur, avec S.
Tychique, de la lettre qu'il écrivit aux Colossiens l'employa dans
le ministère de l'Evangile, et l'ordonna évêque dans la suite.
Il fut martyrisé sous Domitien en 85, selon les Grecs, qui
l'honorent le 15 de février.
Il ne faut pas
confondre notre saint avec S. Onésime, troisième évêque d'Ephèse qui
donna les plus grandes marques de respect et de charité à S. Ignace,
lorsque ce dernier allait à Rome. On trouve son éloge dans la lettre
que le saint évêque d'Antioche écrivit aux Ephésiens.
Un pécheur converti,
que la grâce a rappelé des portes de l'enfer, ne cesse de s'anéantir
à la vue de ses crimes, et des trésors infinis de la miséricorde
divine. Il mesure son amour pour Dieu sur la grandeur des dettes qui
lui ont été remises, et en manifeste la vivacité, non par ces
transports momentanés, et par ces désirs stériles qui coûtent si peu
à l’amour-propre ; mais par ces actes généreux qui montrent
un homme nouveau, et totalement mort au péché. De là cette attention
à veiller sur son cœur et sur ses sens ; ce zèle à punir ses
iniquités par les pratiques laborieuses de la pénitence ; cette
ardeur pour l'acquisition des vertus contraires à ses premiers
penchants ; cette ferveur dans tous les exercices propres à racheter
un temps perdu pour l'éternité. Et que l'on ne s'imagine pas que
l'état d'un pécheur pénitent soit sans consolation. Dieu se plaît à
verser dans son âme les grâces les plus abondantes. Souvent il le
visite par les communications les plus intimes, afin de lui faire
aimer son joug, et de fortifier sa faiblesse contre les difficultés
qui se rencontrent, surtout dans les commencements de sa conversion.
D'autres fois il le conduit par la route des épreuves; mais c'est
afin de perfectionner ses vertus, et de multiplier ses victoires en
multipliant ses combats. Ah ! qu'il est peu de sincères conversions
aujourd'hui ! Y a-t-il beaucoup de pécheurs qui se reconnussent au
portrait du véritable pénitent que nous venons de tracer? La voie de
l'Evangile est-elle donc élargie ? Et nous en coûtera-t-il moins
qu'aux saints pour expier nos iniquités ? Serait-il possible que
nous ne reconnussions notre erreur qu'en ce jour terrible où la
miséricorde n'aura plus lieu ?
SOURCE : Alban
Butler : Vie des Pères, Martyrs et autres principaux Saints… – Traduction :
Jean-François Godescard. |