Solennité du Christ-Roi

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XXXII dimanche du temps commun
Solennité du Christ-Roi

– C —

 

Lecture du second livre de Samuel, (V, 1-3).

Toutes les tribus d'Israël vinrent trouver David à Hébron et lui dirent : « Nous sommes du même sang que toi ! Dans le passé déjà, quand Saül était notre roi, tu dirigeais les mouvements de l'armée d'Israël, et le Seigneur t'a dit : Tu seras le pasteur d'Israël mon peuple, tu seras le chef d'Israël. » C'est ainsi que tous les anciens d'Israël vinrent trouver le roi à Hébron. Le roi David fit alliance avec eux, à Hébron, devant le Seigneur ; ils donnèrent l'onction à David pour le faire roi sur Israël.

 

Psaume 121

Quelle joie quand on m'a dit :
« Nous irons à la maison du Seigneur ! »
Maintenant notre marche prend fin
devant tes portes, Jérusalem !

Jérusalem, te voici dans tes murs :
ville où tout ensemble ne fait qu'un !
C'est là que montent les tribus, les tribus du Seigneur,
là qu'Israël doit rendre grâce au nom du Seigneur.

C'est là le siège du droit,
le siège de la maison de David.
Appelez le bonheur sur Jérusalem :
« Que la paix règne dans tes murs ! »

 

Lecture de la deuxième lettre de saint Paul Apôtre aux Colossiens, (I,12-20)

Frères, rendez grâce à Dieu le Père, qui vous a rendus capables d'avoir part, dans la lumière, à l'héritage du peuple saint. Il nous a arrachés au pouvoir des ténèbres, il nous a fait entrer dans le royaume de son Fils bien-aimé, par qui nous sommes rachetés et par qui nos péchés sont pardonnés. Lui, le Fils, il est l'image du Dieu invisible, le premier-né par rapport à toute créature, car c'est en lui que tout a été créé dans les cieux et sur la terre, les êtres visibles et les puissances invisibles : tout est créé par lui et pour lui. Il est avant tous les êtres, et tout subsiste en lui. Il est aussi la tête du corps, c'est-à-dire de l'Église. Il est le commencement, le premier-né d'entre les morts, puisqu'il devait avoir en tout la primauté. Car Dieu a voulu que, dans le Christ, toute chose ait son accomplissement total. Il a voulu tout réconcilier par lui et pour lui, sur la terre et dans les cieux, en faisant la paix par le sang de sa croix.

 

Évangile de notre Seigneur Jésus-Christ
selon Saint Luc
(XXIII, 35-43).

On venait de crucifier Jésus, et le peuple restait là à regarder Les chefs ricanaient. en disant : « Il en a sauvé d'autres : qu'il se sauve lui-même, s'il est le Messie de Dieu, l'Élu ! » Les soldats aussi se moquaient de lui. S'approchant pour lui donner de la boisson vinaigrée, ils lui disaient : « Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même ! » Une inscription était placée au-dessus de sa tête : « Celui-ci est le roi des Juifs. »

L'un des malfaiteurs suspendus à la croix l'injuriait : « N'es-tu pas le Messie ? Sauve-toi toi-même, et nous avec ! » Mais l'autre lui fit de vifs reproches : « Tu n'as donc aucune crainte de Dieu ! Tu es pourtant un condamné, toi aussi ! Et puis, pour nous, c'est juste : après ce que nous avons fait, nous avons ce que nous méritons. Mais lui, il n'a rien fait de mal. » Et il disait : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras inaugurer ton Règne. » Jésus lui répondit : « Amen, je te le déclare : aujourd'hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. »

 

N'ayons qu'un roi : le Christ, et imitons-Le.

De nos jours, on entend souvent par “roi” un méchant despote qui n'en fait qu'à sa tête et se plaît à brimer ses sujets. Mais est-ce bien nécessaire d'être roi pour se comporter ainsi ? Et n'y a-t-il pas eu quelques rois qui surent administrer leur royaume avec clairvoyance et bonté ?

Commençons par David, l'ancêtre de Jésus, qu'on connaît par l'histoire fameuse de Goliath. Oui, il a commis des erreurs que nous racontent les Livres de Samuel, mais son humilité à demander pardon à Dieu le rend encore plus “royal” à nos yeux. Son psaume 50 montre la profondeur de son repentir : l'humilité est une vertu de roi.

C'est David qui établit l'Arche de l'Alliance à Jérusalem ; le mot “Jérusalem” signifie : cité de la paix ; c'est là que David prépara tout ce que son fils Salomon devait utiliser pour y construire le temple. Jérusalem : la ville de David, la cité de Dieu, “le siège du droit”, que nous chante aujourd'hui le psaume 121.

Pourquoi Jésus est-il roi ? Parce qu'il en a reçu de Dieu l'onction, établi “pontife” (qui fait le pont) entre le ciel et la terre. Cet hymne à la bonté de Dieu que proclame saint Paul, nous le reprenons chaque mercredi dans la Liturgie des Heures (le bréviaire).

Aux Chrétiens de la ville de Colosses (dans l'actuelle Turquie), saint Paul rappelle tous les bienfaits que nous avons reçus de Dieu : “Il nous a rendus capables d'avoir part à l'héritage du peuple saint” ; “il nous a arrachés au pouvoir des ténèbres” ; “il nous a fait entrer dans le royaume de son Fils (son Église), par qui nous sommes rachetés et nos péchés pardonnés”.

Cet hymne magnifique chante ensuite le Christ : “image du Dieu invisible”, “avant tous les êtres” (en grec : le premier-né de toute créature), “tête du Corps, de l'Église”, “le commencement”, “premier-né d'entre les morts” : non content de nous avoir donné tant de grâces en vue de la béatitude éternelle, il s'est donné lui-même en sacrifice, après nous avoir “en plus” laissé l'Eucharistie.

Il y a un détail touchant dans l'attitude du “Bon Larron” (la Tradition l'appelle saint Dismas) : “il disait...”, à l'imparfait, comme s'il répétait cette prière avec confiance et insistance, convaincu de son péché et implorant le pardon de ce Roi innocent qui mourait à côté de lui. Après Jésus, le premier roi à entrer au Paradis, est bien le Bon Larron, royal pour son humilité.

L'histoire nous a gardé le souvenir de ces saints rois. Une trentaine de rois “Saints” sont au Martyrologe, sans compter les reines et leurs parents. Certains se firent moines, d'autres furent martyrs : les scandinaves Éric, Knut, Olaf ; les hongrois Ladislas et Étienne ; les anglais Édouard, Edmond, Céolwulf, Ina, Oswald, Oswin, Edwin, Richard, Edgar ; nos bretons Salomon et Gaël...

On a souvent critiqué les rois pour leurs “richesses” ; peut-être est-ce parfois la jalousie qui nous a fait parler, mais peu sont ceux qui “jalousent” Louis IX de France pour avoir lavé les pieds à ses pauvres ou participé à l'office des moines à cinq heures du matin ; lui-même répondit un jour à ses proches : “Si j'étais allé à la chasse avec vous, vous ne me reprocheriez pas d'avoir délaissé les affaires de l'État !”

Tous, nous pouvons être les rois de nous-mêmes, en sachant nous imposer les vertus que Jésus nous a données en exemple : esprit de pardon, humilité, douceur. “Heureux les doux, ils posséderont (=domineront) la terre” (Mt 5:4).

Nous chantons à la Messe : ...“car c'est à toi qu'appartiennent le règne, la puissance et la gloire”. La prière du Seigneur a ces mots que nous répétons sans y penser : “Que ton Règne vienne”.

Le pape Pie XI, instituant la fête du Christ-Roi en 1925, n'avait qu'un souci : inviter tous les hommes à regarder vers le Christ, comme idéal vrai et fondamental. N'est-il pas vrai que nous nous plaignons de voir tant de désordres, de violence, d'injustice dans notre monde ? Mais ce monde, c'est nous, c'est moi, c'est toi ; si moi, toi, chacun, regardons vers le Christ pour apprendre à être doux, humbles, honnêtes, le monde changera.

N'ayons qu'un roi : le Christ, et imitons-Le.

Abbé Charles Marie de Roussy

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